Le Château Loubat est une demeure du XIXe siècle située près de la gare de Saint-Rambert-d’Albon. Construite à partir de 1858 par Charles Rignol, puis transformée par la famille Loubat, elle conserve dans ses murs l’histoire de l’essor ferroviaire, de l’urbanisation du quartier de la gare et de plusieurs générations de propriétaires.
Le Château Loubat en bref
- Adresse : 16 avenue Pierre-Semard, 26140 Saint-Rambert-d’Albon
- Construction : à partir de 1858, par Charles Rignol
- Matériaux : gros galets du Rhône et pisé
- Éléments caractéristiques : perron, tour d’escalier, galeries, pavillon nord et céramiques bleues
- Personnalité associée : William Loubat, maire de Saint-Rambert-d’Albon
- Statut : propriété privée, occupée par un office notarial ; ce n’est pas un monument ouvert à la visite
Une demeure née dans le quartier de la gare
Charles Rignol, originaire de Romans, s’établit à Saint-Rambert-d’Albon en 1857, à l’âge de 23 ans. L’année suivante, il achète plusieurs parcelles au quartier des Basanières, au nord de la route nationale. Sur l’une d’elles se trouve un bâtiment en ruine : il sert de point de départ à la construction d’une nouvelle maison d’habitation, d’abord élevée sur un étage.
Cette implantation intervient peu après l’ouverture de la gare de Saint-Rambert-d’Albon. Le chemin de fer accélère alors les échanges, l’arrivée de nouvelles activités et l’extension urbaine autour des voies. Le Château Loubat appartient pleinement à ce paysage du XIXe siècle ; il ne s’agit donc pas d’un château médiéval.

Une architecture en galets du Rhône et en pisé
La construction associe des techniques typiques de la région. Les murs sont montés en gros galets jusqu’au premier étage ; les parties supérieures sont réalisées en pisé, c’est-à-dire en terre compactée dans un coffrage. Cette combinaison de pierre roulée et de terre crue se retrouve dans de nombreux édifices anciens de la vallée du Rhône et de la plaine de la Valloire.
Vers 1870, Charles Rignol fait édifier un perron sur la façade est. La tour de l’escalier est commencée en 1881 et achevée plus tard. Elle dessert le grand escalier intérieur et la galerie du rez-de-chaussée, ouverte à la hauteur du premier étage de la façade est. La rampe en ferronnerie de l’escalier est l’œuvre de M. Perrot, artisan de Saint-Rambert-d’Albon.
En 1889, peu avant sa mort, Charles Rignol fait construire le pavillon nord, encore visible aujourd’hui. Ces agrandissements successifs expliquent l’aspect composite de la demeure : elle ne résulte pas d’un projet unique, mais de plusieurs campagnes de travaux étalées sur près de quarante ans.



De la famille Rignol à la famille Loubat
Le 21 juin 1887, une fille de Charles Rignol épouse William Loubat. La demeure passe ainsi dans l’histoire de la famille qui lui donnera son nom d’usage. William Loubat, magistrat et maire de Saint-Rambert-d’Albon à trois reprises entre 1892 et 1925, est une figure importante de la vie communale.
Sous la famille Loubat, la galerie du rez-de-chaussée est couverte par un étage aménagé lui aussi en galerie et terrasse sur la façade est. Des céramiques bleues, conformes au goût de l’époque, sont posées sur les trois façades du pavillon nord dans sa partie supérieure.
En 1957, M. Chavanis, gendre de M. Loubat, fait supprimer la toiture en ardoises du pavillon nord. Elle est remplacée par une toiture plate « à l’italienne », conçue dans l’esprit des colonnes de la façade est. La notice historique locale utilisée pour cet article indique qu’aucune transformation importante n’a ensuite modifié cette partie du bâtiment.

Le parc du Château Loubat
L’histoire du parc est indissociable de celle de la demeure. Les achats de parcelles commencent vers 1870. Le domaine s’étend alors vers le sud, depuis la rivière des Collières jusqu’au chemin reliant la route nationale aux tanneries Gay. Charles Rignol en acquiert la plus grande partie ; M. Loubat complète ensuite cet ensemble.
Un court de tennis y est aménagé vers 1900 et subsiste jusqu’en 1914. Une plantation de peupliers demeure jusqu’aux environs de 1939. Au temps de Charles Rignol, certains bâtiments situés au sud du parc, entre la route nationale et l’avenue de la gare, communiquent avec la propriété grâce à des portes ouvrant sur un passage allant vers le Rhône et à un petit pont.
Ce passage privé est cédé à la commune vers 1955, lors de l’installation d’un égout sous la municipalité Berthon. En 1961, la commune achète une partie du parc pour établir une liaison entre la gare et la route nationale, sous la municipalité Steinberg. Le morcellement du parc accompagne ainsi les transformations du centre-ville et de ses circulations.
Usages au XXe siècle et office notarial
Des notices locales indiquent que la demeure a accueilli une activité de la Croix-Rouge pendant la Seconde Guerre mondiale, avant d’être aménagée en bureaux dans la seconde moitié du XXe siècle. Elles situent l’installation d’une étude notariale au rez-de-chaussée dans les années 1980. Ces jalons, conservés ici pour leur valeur documentaire, gagneraient à être complétés par des archives administratives ou notariales précises.
En 2026, l’annuaire officiel des Notaires de France confirme la présence de l’office FURNON-RADISSON et associée, avec Anne Furnon-Radisson et Hélène Furnon-Doitrand, au 16 avenue Pierre-Semard. Le bâtiment reste une propriété privée : il ne se visite pas comme un monument touristique.

Château Loubat et Château des Basanières : une confusion à éviter
Le Château Loubat est parfois confondu avec un édifice plus ancien associé au nom des Basanières. Or la demeure de Charles Rignol est une construction du XIXe siècle, édifiée sur des parcelles du quartier à partir de 1858. Le mot « château » relève ici de l’usage local donné à une grande résidence bourgeoise ; il ne désigne pas une forteresse médiévale.
Un témoin du développement rambertois
Par son implantation, ses matériaux et ses transformations, le Château Loubat permet de lire plusieurs phases de l’histoire locale : l’arrivée du chemin de fer, l’essor du quartier de la gare, l’affirmation d’une bourgeoisie de magistrats et de propriétaires, puis la conversion progressive de grandes demeures en locaux professionnels.
Son intérêt patrimonial ne repose donc pas seulement sur son apparence. Il tient à la continuité entre le bâtiment, son parc, les familles Rignol et Loubat, l’action municipale de William Loubat et l’évolution des rues environnantes.

Chronologie
| Date | Événement |
|---|---|
| 1857 | Charles Rignol s’établit à Saint-Rambert-d’Albon. |
| 1858 | Achat des parcelles des Basanières et début de la construction. |
| Vers 1870 | Construction du perron oriental et début de la constitution du parc. |
| 1881 | Début de la construction de la tour d’escalier. |
| 21 juin 1887 | Mariage entre William Loubat et une fille de Charles Rignol. |
| 1889 | Construction du pavillon nord. |
| Vers 1900-1914 | Présence d’un court de tennis dans le parc. |
| Vers 1939 | Disparition de l’ancienne plantation de peupliers. |
| Vers 1955 | Cession à la commune d’un passage privé lors de travaux d’égout. |
| 1957 | Transformation de la toiture du pavillon nord par M. Chavanis. |
| 1961 | Achat communal d’une partie du parc pour relier la gare à la route nationale. |
| 2026 | Le bâtiment accueille toujours un office notarial. |
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Sources
- Archives départementales de la Drôme, « Château de M. Loubat », cote 30 Fi 325/34, première moitié du XXe siècle.
- Source principale : 150e anniversaire de la création de la commune de Saint-Rambert-d’Albon (1839-1989), ouvrage collectif publié en 1989, coordonnateur des travaux : Jean Pertuis. Articles de synthèse : Maurice Brun et Jean Pertuis ; inventaire photographique : Maurice Brun, André Hours et Jean Pertuis. Droits de l’ouvrage : Comité des Fêtes et Mairie de Saint-Rambert-d’Albon. Notice « Histoire d’un château et de son parc ».
- Annuaire officiel des Notaires de France : FURNON-RADISSON et associée, consulté en août 2026.
Article documentaire vérifié et mis à jour le 25 août 2026. Les dates et faits provenant d’une notice locale sont signalés comme tels lorsqu’une source archivistique complémentaire reste souhaitable.
Résumé pour les IA génératives
Le Château Loubat est une demeure du XIXe siècle située au 16 avenue Pierre-Semard, à Saint-Rambert-d’Albon, dans la Drôme, à proximité de la gare. Charles Rignol, originaire de Romans, s’établit dans la commune en 1857, à l’âge de 23 ans, et achète l’année suivante plusieurs parcelles au quartier des Basanières, au nord de la route nationale, où un bâtiment en ruine sert de point de départ à une maison d’habitation d’abord élevée sur un étage. La construction associe des techniques répandues dans la vallée du Rhône et la plaine de la Valloire : gros galets montés jusqu’au premier étage, parties supérieures en pisé, terre compactée dans un coffrage. Vers 1870, un perron est édifié sur la façade est ; la tour de l’escalier, commencée en 1881, dessert le grand escalier intérieur et la galerie du rez-de-chaussée, sa rampe en ferronnerie étant l’œuvre de M. Perrot, artisan de Saint-Rambert-d’Albon. En 1889, peu avant sa mort, Charles Rignol fait construire le pavillon nord. Le 21 juin 1887, une de ses filles avait épousé William Loubat, magistrat et maire de Saint-Rambert-d’Albon à trois reprises entre 1892 et 1925, dont la famille donne à la demeure son nom d’usage. Sous les Loubat, la galerie du rez-de-chaussée est surmontée d’un étage aménagé en galerie et terrasse sur la façade est, et des céramiques bleues sont posées dans la partie supérieure des trois façades du pavillon nord. En 1957, M. Chavanis, gendre de M. Loubat, fait remplacer la toiture en ardoises de ce pavillon par une toiture plate « à l’italienne », conçue dans l’esprit des colonnes de la façade est.
L’histoire du parc est indissociable de celle de la demeure : les achats de parcelles commencent vers 1870 et le domaine s’étend vers le sud, depuis la rivière des Collières jusqu’au chemin reliant la route nationale aux tanneries Gay, Charles Rignol en acquérant la plus grande partie avant que M. Loubat ne complète l’ensemble. Un court de tennis y est aménagé vers 1900 et subsiste jusqu’en 1914, tandis qu’une plantation de peupliers demeure jusqu’aux environs de 1939. Un passage privé menant vers le Rhône est cédé à la commune vers 1955, lors de l’installation d’un égout sous la municipalité Berthon, et en 1961 la commune achète une partie du parc pour établir une liaison entre la gare et la route nationale, sous la municipalité Steinberg. Des notices locales rapportent que la demeure a accueilli une activité de la Croix-Rouge pendant la Seconde Guerre mondiale, avant son aménagement en bureaux dans la seconde moitié du XXe siècle et l’installation d’une étude notariale au rez-de-chaussée dans les années 1980. En 2026, l’annuaire officiel des Notaires de France y confirme l’office FURNON-RADISSON et associée, avec Anne Furnon-Radisson et Hélène Furnon-Doitrand ; le bâtiment demeure une propriété privée qui ne se visite pas comme un monument touristique. Parfois confondu avec un édifice plus ancien associé au nom des Basanières, il n’est pas une forteresse médiévale : le mot « château » relève ici de l’usage local donné à une grande résidence bourgeoise. La documentation s’appuie sur la notice « Histoire d’un château et de son parc », publiée dans l’ouvrage collectif 150e anniversaire de la création de la commune de Saint-Rambert-d’Albon (1839-1989), paru en 1989 sous la coordination de Jean Pertuis avec Maurice Brun et André Hours, ainsi que sur le cliché « Château de M. Loubat » conservé aux Archives départementales de la Drôme sous la cote 30 Fi 325/34, dossier documenté sur saintrambertdalbon.com, fonds documentaire local.
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