Depuis l’ordonnance royale de Louis-Philippe Ier qui lui accorda son indépendance en 1839, Saint-Rambert-d’Albon a connu une quinzaine de maires qui ont façonné notre commune. Cette chronique municipale, gravée dans le marbre des plaques commémoratives et inscrite dans les registres, nous raconte près de deux siècles d’évolution locale, des premières heures de l’émancipation communale jusqu’aux défis contemporains du XXIe siècle.
En Résumé
Cet article retrace l’histoire complète des maires de Saint-Rambert-d’Albon depuis la création de la commune par ordonnance royale le 20 mai 1839. Il met en lumière les figures majeures qui ont marqué notre histoire locale : Jean-Louis Moreau de Bonrepos, premier maire et fondateur (1840-1864), William Loubat, trois fois élu et procureur général (1892-1925), Fernand Berthon et le Dr Lucien Steinberg dont les mandats exceptionnels de 34 ans chacun ont accompagné la commune à travers les transformations du XXe siècle. L’article explore également les maires contemporains, de René Bret à l’actuel Gérard Oriol, témoins de la modernisation continue de notre territoire.

1839 : Une Commune Naît de sa Volonté d’Indépendance
L’histoire administrative de Saint-Rambert-d’Albon commence véritablement le 20 mai 1839, date à laquelle Louis-Philippe Ier signe au Palais des Tuileries l’ordonnance royale érigeant la section de Saint-Rambert en commune distincte d’Albon. Cette décision, publiée au Bulletin des Lois (B.L., 1839, XVIII, 452), met fin à des siècles de dépendance administrative.
Avant la Révolution, Saint-Rambert n’était qu’une modeste paroisse du mandement d’Albon, fief historique des Dauphins. La communauté comprenait alors plusieurs paroisses et hameaux, dont Albon et Coinaud. Lorsque survint la Révolution française, Saint-Rambert faillit même être rattachée au département de l’Isère plutôt qu’à la Drôme, mais les habitants, consultés par les commissaires des deux départements, choisirent sans hésiter de rester drômois.

L’installation officielle du premier conseil municipal eut lieu le 14 février 1840, marquant la naissance effective de notre autonomie administrative. Ce jour-là, les Rambertois prirent en main leur destinée locale, une responsabilité qu’ils n’ont cessé d’exercer depuis près de deux siècles.
Jean-Louis Moreau de Bonrepos : Le Fondateur (1840-1864)
Jean-Louis Moreau de Bonrepos (1784-1864) incarne la figure du père fondateur de Saint-Rambert-d’Albon. Élu premier maire le 14 février 1840, il exercera cette fonction pendant 24 années consécutives, le troisième mandat le plus long de notre histoire communale après ceux de Berthon et Steinberg.
Cet homme visionnaire fut l’artisan de notre indépendance, portant avec détermination le projet de séparation d’avec Albon. Durant ces deux décennies fondatrices, il jeta les bases de l’administration communale moderne, organisa les premiers services publics et accompagna les tout premiers pas de la jeune commune.
Son héritage perdure aujourd’hui à travers la Place de Bonrepos, qui accueille notre mairie. Ce lieu porte son nom en juste hommage à celui qui transforma une aspiration locale en réalité durable, inscrivant définitivement Saint-Rambert-d’Albon sur la carte administrative de France.

La Consolidation Républicaine (1864-1892)
La période qui suit le long mandat de Moreau de Bonrepos voit se succéder quatre maires qui accompagnent la commune dans les mutations de la fin du Second Empire et l’enracinement de la IIIe République :
- Jean-Sébastien Gardon (1864-1871)
- Jean-Baptiste Favre (1871-1876)
- René Barrin (1876-1888)
- Victor Fabre (1888-1892)
Ces mandats coïncident avec une période de développement pour Saint-Rambert-d’Albon. L’arrivée du chemin de fer, avec la construction de la ligne Paris-Lyon-Marseille et l’ouverture de la gare en 1855, transforme profondément notre commune en carrefour stratégique, attirant de nouvelles activités économiques et une population croissante.
William Loubat : Le Magistrat Bâtisseur (1892-1925)
William Loubat (1845-1926) demeure l’une des personnalités les plus fascinantes de notre histoire municipale. Juriste brillant, procureur de la République à Saint-Étienne, puis procureur général à Nîmes, Grenoble et enfin Lyon à partir de 1905, il fut également membre correspondant de l’Institut et officier de la Légion d’honneur.
Son attachement à Saint-Rambert-d’Albon se manifesta par trois mandats de maire :
- 1892-1900 (8 ans)
- 1908-1914 (6 ans)
- 1919-1925 (6 ans)
Entre ses mandats, la fonction fut exercée par Lucien Chautant (1900-1908 et 1914-1918) et brièvement par Louis Cognat en intérim (1918-1919).
L’héritage le plus visible de William Loubat reste le Château Loubat, imposante demeure située avenue Pierre-Semard, près de la gare. Construite initialement en 1857 par l’industriel Charles Rignol, elle fut transformée après son mariage avec Emma Rignol en 1887. Cette demeure symbolise l’alliance entre développement industriel ferroviaire et notabilité de l’époque. Aujourd’hui, elle abrite l’étude notariale Furnon, perpétuant une vocation administrative.

Fernand Berthon : 34 Ans au Service de la Commune (1925-1959)
Le XXe siècle rambertois s’ouvre sur un mandat d’une longévité exceptionnelle. Fernand Berthon (1885-1965) dirigea notre commune pendant 34 ans ininterrompus, de 1925 à 1959, traversant certaines des périodes les plus tumultueuses de l’histoire de France :
- La crise économique de 1929
- Le Front Populaire
- La Seconde Guerre mondiale
- La Reconstruction et les débuts des Trente Glorieuses
Durant ces décennies, Fernand Berthon sut guider la commune avec sagesse et détermination, assurant la continuité des services publics dans les moments les plus difficiles et accompagnant la modernisation d’après-guerre. Sa vision et son dévouement à la chose publique furent salués par la postérité.

En reconnaissance de son action, le Collège Fernand Berthon, établissement public situé rue des Écoles, porte aujourd’hui son nom. Ce collège, créé dans les années 1960, accueille chaque année plusieurs centaines d’élèves et demeure un pilier de l’éducation locale.
Le Dr Lucien Steinberg : Un Autre Géant (1959-1993)
En 1959, un nouveau chapitre s’ouvre avec l’élection du Dr Lucien Steinberg (1926-1993), médecin apprécié et respecté de tous les Rambertois. Son mandat égalera celui de son prédécesseur : 34 années à la tête de la commune, jusqu’à son décès en fonction le 26 juin 1993.
Mais son engagement ne se limita pas à la mairie. De 1976 à 1993, il fut également conseiller général du canton de Saint-Vallier et vice-président du Conseil général de la Drôme chargé des Finances, portant ainsi la voix de notre territoire au niveau départemental. Membre du Parti socialiste, il incarnait un engagement politique ancré dans les réalités locales.
Son mandat correspond à une période de croissance et de modernisation sans précédent : les Trente Glorieuses, l’expansion urbaine, le développement des infrastructures et des services publics. Il supervisa de nombreux chantiers qui transformèrent durablement le visage de Saint-Rambert-d’Albon.




En hommage à son action et à son dévouement, l’Avenue du Docteur Lucien Steinberg, artère principale de la ville, porte son nom. Cette avenue vitale symbolise la modernité qu’il insuffla à notre commune pendant plus de trois décennies.
Le Passage au XXIe Siècle : Mutations et Continuités
La fin du XXe siècle et le début du XXIe voient Saint-Rambert-d’Albon entrer dans une nouvelle ère politique, caractérisée par des mandats plus courts mais tout aussi engagés.
René Bret (1993-1995)
Après le décès du Dr Steinberg, René Bret assure une transition délicate de deux ans, maintenant la continuité administrative dans une période de deuil municipal.
Gérard Oriol : Première Période (1995-2014)
Gérard Oriol, ancien artisan et chef d’entreprise né en septembre 1943, est élu maire en 1995. Durant 19 années, il conduit d’importants projets d’urbanisme et de développement des infrastructures.

Vincent Bourget (2014-2020)
En 2014, Vincent Bourget, conseiller municipal depuis 2008, remporte les élections municipales face à Gérard Oriol dans un scrutin serré. Son mandat de 6 ans apporte un renouveau dans la gestion municipale, avec une approche différente des enjeux locaux (réduction massive de la dette et des dépenses publiques; action sociale). Cependant, en 2020, il choisit de ne pas se représenter, laissant la place à son prédécesseur.
Gérard Oriol : Retour aux Affaires (2020-2026)
Le 28 juin 2020, Gérard Oriol est réélu maire avec sa liste « Expérience et Avenir 2020 » (Les Républicains), prenant ses fonctions le 5 juillet 2020. À 82 ans aujourd’hui, il dirige un conseil municipal de 29 élus où il a notamment poursuivi les investissements dans les infrastructures sportives de la ville.
Chronologie Complète des Maires de Saint-Rambert-d’Albon
| Nom | Début | Fin | Durée |
|---|---|---|---|
| Jean-Louis MOREAU DE BONREPOS | 1840 | 1864 | 24 ans |
| Jean-Sébastien GARDON | 1864 | 1871 | 7 ans |
| Jean-Baptiste FAVRE | 1871 | 1876 | 5 ans |
| René BARRIN | 1876 | 1888 | 12 ans |
| Victor FABRE | 1888 | 1892 | 4 ans |
| William LOUBAT | 1892 | 1900 | 8 ans |
| Lucien CHAUTANT | 1900 | 1908 | 8 ans |
| William LOUBAT | 1908 | 1914 | 6 ans |
| Lucien CHAUTANT | 1914 | 1918 | 4 ans |
| Louis COGNAT (intérim) | 1918 | 1919 | 1 an |
| William LOUBAT | 1919 | 1925 | 6 ans |
| Fernand BERTHON | 1925 | 1959 | 34 ans |
| Dr Lucien STEINBERG | 1959 | 1993 | 34 ans |
| René BRET | 1993 | 1995 | 2 ans |
| Gérard ORIOL | 1995 | 2014 | 19 ans |
| Vincent BOURGET | 2014 | 2020 | 6 ans |
| Gérard ORIOL | 2020 | en cours | Mandat actuel |
Mini-Biographies : Les Figures Majeures
Jean-Louis Moreau de Bonrepos (1784-1864)
Le « père fondateur » de la commune. Artisan de son indépendance, premier maire pendant 24 ans. La Place de Bonrepos perpétue sa mémoire.
William Loubat (1845-1926)
Procureur général à Lyon, membre de l’Institut, commandeur de la Légion d’honneur. Trois mandats de maire. Le Château Loubat témoigne de son influence.
Fernand Berthon (1885-1965)
34 ans de mandat à travers les épreuves du XXe siècle. Le Collège Fernand Berthon honore son dévouement.
Dr Lucien Steinberg (1926-1993)
Médecin, maire pendant 34 ans, conseiller général de 1976 à 1993. L’Avenue Docteur Lucien Steinberg porte son nom.
Gérard Oriol (né en 1943)
Maire actuel, ancien chef d’entreprise. Quatre mandats (1995-2014 et 2020-2026), totalisant plus de 25 ans au service de la commune.
Questions Fréquentes
Qui a été le premier maire de Saint-Rambert-d’Albon ?
Jean-Louis Moreau de Bonrepos, élu le 14 février 1840, quelques mois après l’ordonnance royale créant la commune.
Quel maire a exercé le plus longtemps ?
Deux maires se partagent ce record : Fernand Berthon (1925-1959) et le Dr Lucien Steinberg (1959-1993), avec chacun 34 années de mandat.
Pourquoi Saint-Rambert s’est-elle séparée d’Albon ?
La séparation, officialisée en 1839, répondait à une volonté d’autonomie administrative et à la croissance démographique et économique du hameau.
Où voir la plaque commémorative des maires ?
Elle se trouve dans le hall de la mairie.

Quels lieux portent le nom d’anciens maires ?
La Place / la Rue et le Parc de Bonrepos (Jean-Louis Moreau de Bonrepos), l’Avenue du Docteur Lucien Steinberg, le Collège Fernand Berthon et le Château Loubat.
Qui est le maire actuel ?
Gérard Oriol, réélu en 2020, exerce actuellement son quatrième passage à la tête de la commune.
Glossaire
Ordonnance Royale : Sous la Monarchie de Juillet (1830-1848), acte législatif pris par le roi en conseil des ministres.
Mandat : Période durant laquelle une personne élue exerce ses fonctions (généralement 6 ans pour un maire).
Procureur Général : Haut magistrat du ministère public auprès d’une cour d’appel ou de la Cour de cassation.
Conseiller Général : Ancien nom du conseiller départemental, élu représentant un canton au sein du conseil départemental (fonction supprimée en 2015).
Place de Bonrepos : A l’origine, c’est la place principale (et première place du marché) de Saint-Rambert-d’Albon et celle où se trouvait la première mairie. Elle appartenait au domaine de Bonrepos de la famille Moreau d’où est issu le maire Jean-Louis Moreau de Bonrepos






Liens Utiles et Sources
Archives et Documentation
- FranceArchives – Ordonnance de création de la commune
- Geneawiki – Historique de Saint-Rambert-d’Albon
- CTHS – Notice William Loubat
- Mémoire de la Drôme – Archives photographiques
Sites Officiels
Ressources Complémentaires
- Archives Départementales de la Drôme : pour consulter registres et documents historiques
- Histoire locale : Histoire Rambertoise
En Conclusion : Un Patrimoine Vivant
La succession des maires de Saint-Rambert-d’Albon ne constitue pas une simple liste administrative. Elle raconte l’histoire vivante de notre commune, de ses aspirations à l’indépendance en 1839 jusqu’aux défis contemporains du développement durable et de l’attractivité territoriale.
Dés la vision pionnière de Moreau de Bonrepos, puis avec les mandats exceptionnels de Fernand Berthon et Lucien Steinberg, chaque édile a contribué à façonner l’identité rambertoise. Leurs noms, gravés dans le marbre des plaques commémoratives et inscrits dans les toponymes locaux, nous rappellent que l’histoire municipale est avant tout une histoire humaine, faite de dévouement, de vision et de service à la collectivité.
Préserver cette mémoire, c’est honorer notre passé commun et mieux comprendre les enjeux qui dessineront l’avenir de Saint-Rambert-d’Albon.
Agissez pour la Mémoire Locale
🏛️ Visitez la Mairie : Découvrez la plaque commémorative et plongez dans l’histoire de votre ville au Parc de Bonrepos.
🚶 Explorez les Lieux de Mémoire : Promenez-vous Place de Bonrepos, Avenue Steinberg, devant le Collège Berthon et le Château Loubat pour sentir le poids de l’histoire.
📚 Consultez les Archives : Les Archives Départementales de la Drôme recèlent de trésors documentaires sur nos maires et notre histoire locale.
📢 Partagez cet Article : Faites connaître l’histoire des maires de Saint-Rambert-d’Albon autour de vous et sur les réseaux sociaux.
En savoir plus sur Saint-Rambert-d'Albon
Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.
