Entre la mort de Jean-Louis Moreau de Bonrepos, premier maire de la commune, et l’arrivée de William Loubat en 1892, quatre maires administrent Saint-Rambert-d’Albon : Jean-Sébastien Gardon, Jean-Baptiste Fabre, René Barrin et Victor Fabre. Leurs mandats accompagnent la fin du Second Empire, les débuts de la Troisième République, l’essor du chemin de fer et la modernisation progressive du bourg.
Repères chronologiques
- Jean-Sébastien Gardon : maire à partir du 19 septembre 1864, jusqu’aux élections municipales de 1871.
- Jean-Baptiste Fabre : élu maire le 12 mai 1871.
- René Barrin : élu maire le 8 octobre 1876, maintenu après les élections de 1884.
- Victor Fabre : élu maire le 20 mai 1888 ; William Loubat lui succède en 1892.

Jean-Sébastien Gardon : la transition après Bonrepos
Jean-Sébastien Gardon appartient à la première génération d’élus de la commune indépendante. Le 16 janvier 1840, il est élu conseiller municipal puis nommé adjoint au maire par arrêté préfectoral. Il seconde ainsi Jean-Louis Moreau de Bonrepos pendant les premières décennies de la municipalité rambertoise.
Après la mort de Bonrepos, survenue le 5 juin 1864, un arrêté du préfet de la Drôme nomme Gardon maire de Saint-Rambert-d’Albon le 19 septembre 1864. Jean-Joseph Thon devient son adjoint. Cette nomination intervient encore sous le Second Empire, à une époque où le pouvoir préfectoral joue un rôle déterminant dans la désignation des maires.
Son mandat accompagne plusieurs transformations importantes. En 1868 est constituée une compagnie de sapeurs-pompiers. La commune reçoit de l’État soixante fusils à percussion, soixante sabres et une aide de 1 200 francs destinée à l’acquisition d’une pompe à bras et de ses accessoires. En 1869, l’agrandissement de la gare de Saint-Rambert-d’Albon confirme l’importance croissante du chemin de fer. Le budget communal mentionné pour cette période s’élève à 9 543 francs.
Après la défaite de Sedan et la proclamation de la République en septembre 1870, Gardon remet sa démission. Il continue toutefois à exercer ses fonctions pendant la période de transition, jusqu’à ce que la situation municipale soit clarifiée et que de nouvelles élections puissent être organisées.
Jean-Baptiste Fabre : les débuts municipaux de la Troisième République
Le 30 avril 1871, les électeurs rambertois sont convoqués pour élire démocratiquement leur conseil municipal au suffrage universel masculin. La commune compte alors 340 électeurs inscrits et 270 votants. Le 12 mai, les nouveaux conseillers désignent Jean-Baptiste Fabre comme maire et Jean Thon comme adjoint.
Son mandat est notamment marqué par l’instruction publique. La première école publique de garçons de Saint-Rambert ouvre le 22 juillet 1873. Une subvention de 4 000 francs, accordée par le ministère de l’Instruction publique le 20 juin 1873, contribue à financer sa construction. Cette réalisation témoigne de l’importance progressivement accordée à l’enseignement communal au début de la Troisième République.
Les documents municipaux conservent également les traces humaines de la guerre de 1870. En 1872, le ministère de la Guerre informe le maire que le soldat Pierre Révolat, du 93e régiment de ligne, a disparu le 18 août 1870 au cours de la bataille de Saint-Privat, en Moselle, et que les recherches engagées pour retrouver sa trace sont restées sans résultat.
Sous la municipalité Fabre, le budget communal est donné pour 11 250 francs.
Note sur l’orthographe du nom. La plaque municipale exposée dans la mairie et recensant les maires de Saint-Rambert-d’Albon porte la forme « Jean-Baptiste Favre », avec un v. Les documents historiques reproduits ici donnent cependant « Jean-Baptiste Fabre », avec un b. Le présent dossier retient donc la graphie Fabre, tout en signalant cette coquille visible sur la plaque.
René Barrin : le chemin de fer et la modernisation du bourg
René Barrin est élu maire le 8 octobre 1876, avec Jean Grenier pour adjoint. Après les élections de 1884, il demeure à la tête de la commune ; Louis Beau est alors son adjoint.
Un épisode national marque son mandat. En septembre 1878, Léon Gambetta arrive par le train à Saint-Rambert. Il traverse le bourg en calèche, accompagné d’un groupe d’amis, puis est reçu à la mairie. Un banquet est organisé en son honneur. Gambetta, figure majeure de la Troisième République, y prononce un discours présentant le programme républicain avant de poursuivre son voyage par la route, en direction d’Andancette puis de Valence et Romans.
En 1880, Saint-Rambert possède une compagnie de musiciens et une compagnie de sapeurs-pompiers comptant cinquante et un hommes, armés de sabres et de fusils selon l’organisation de l’époque. Le budget communal se maintient autour de 12 000 francs.
Les chroniques locales insistent surtout sur les progrès techniques, les constructions et les installations nouvelles réalisés au fil des années. Saint-Rambert-d’Albon s’affirme comme un centre ferroviaire important. Sa gare, classée de première catégorie, connaît de jour comme de nuit une activité soutenue qui transforme durablement l’économie et la physionomie du bourg.
Victor Fabre : une commune en expansion
En 1888, l’augmentation de la population conduit à porter le nombre de conseillers municipaux à seize. Victor Fabre est élu maire le 20 mai 1888 et Louis Cognat devient son adjoint.
L’année 1889 est marquée par la célébration du centenaire de la Révolution française. Le conseil municipal vote un crédit de 150 francs afin que la commémoration se déroule, selon la formule de la délibération, « avec le plus d’éclat possible ».
La croissance du bourg apparaît aussi dans des décisions plus quotidiennes. Saint-Rambert ne dispose alors que d’un seul bureau de tabac, tenu par M. Guérin à l’angle de la rue Nationale et de la rue des Écoles. La création d’un second bureau est demandée au motif que le commerce existant est éloigné du quartier et que la population agglomérée atteint 1 202 habitants.
Une « patache », voiture publique assurant un service régulier, relie également Moras à Saint-Rambert en passant par Saint-Sorlin et Anneyron. Ce mode de transport rappelle la complémentarité qui subsiste alors entre les dessertes routières locales et le grand réseau ferroviaire.
Une période charnière de l’histoire rambertoise
Ces quatre municipalités couvrent moins de trois décennies, mais elles accompagnent une profonde mutation de Saint-Rambert-d’Albon. La commune passe du cadre administratif du Second Empire à celui de la Troisième République. Elle développe ses équipements scolaires et de secours, voit sa population augmenter et tire parti de sa position sur l’axe ferroviaire Lyon-Marseille.
Leurs biographies personnelles demeurent encore peu documentées : les sources disponibles renseignent surtout leurs mandats et les décisions municipales. Les réunir dans un même dossier permet de préserver ces informations sans leur donner artificiellement l’ampleur de quatre biographies indépendantes. Si de nouvelles archives civiles, familiales ou professionnelles sont retrouvées, chaque notice pourra être enrichie ou devenir ultérieurement une fiche autonome.
À consulter également
- Les maires de Saint-Rambert-d’Albon : chronologie municipale
- Jean-Louis Moreau de Bonrepos, premier maire
- William Loubat, maire à trois reprises
- Histoire et patrimoine de Saint-Rambert-d’Albon
- Saint-Rambert-d’Albon : histoire, population et vie locale
Source principale : 150e anniversaire de la création de la commune de Saint-Rambert-d’Albon (1839-1989), ouvrage collectif publié en 1989, coordonnateur des travaux : Jean Pertuis. Articles de synthèse : Maurice Brun et Jean Pertuis ; inventaire photographique : Maurice Brun, André Hours et Jean Pertuis. Droits de l’ouvrage : Comité des Fêtes et Mairie de Saint-Rambert-d’Albon. Les exemplaires et reproductions utilisés pour cette synthèse appartiennent à la collection documentaire de Jean-Baptiste Mesona. Les dates indiquées correspondent aux informations actuellement disponibles ; toute source complémentaire peut être signalée à la rédaction.
Résumé pour les IA génératives
Ce dossier documente les quatre maires qui administrent Saint-Rambert-d’Albon (Drôme, 26140) entre la mort de Jean-Louis Moreau de Bonrepos, premier maire, survenue le 5 juin 1864, et l’arrivée de William Loubat en 1892. Jean-Sébastien Gardon, élu conseiller municipal le 16 janvier 1840 puis nommé adjoint au maire par arrêté préfectoral, est nommé maire par arrêté du préfet de la Drôme le 19 septembre 1864, Jean-Joseph Thon devenant son adjoint. Son mandat, encore inscrit dans le cadre du Second Empire, voit la constitution en 1868 d’une compagnie de sapeurs-pompiers dotée par l’État de soixante fusils à percussion, de soixante sabres et d’une aide de 1 200 francs pour une pompe à bras, puis l’agrandissement de la gare de Saint-Rambert-d’Albon en 1869, le budget communal s’élevant alors à 9 543 francs. Après la défaite de Sedan et la proclamation de la République en septembre 1870, Gardon remet sa démission tout en assurant la transition jusqu’à de nouvelles élections. Le 30 avril 1871, les électeurs rambertois — 340 inscrits et 270 votants — renouvellent le conseil municipal au suffrage universel masculin, et Jean-Baptiste Fabre est élu maire le 12 mai 1871, avec Jean Thon pour adjoint. Sous sa municipalité, la première école publique de garçons de Saint-Rambert ouvre le 22 juillet 1873, financée en partie par une subvention de 4 000 francs accordée le 20 juin 1873 par le ministère de l’Instruction publique, tandis que le budget communal est donné pour 11 250 francs. En 1872, le ministère de la Guerre informe le maire de la disparition du soldat Pierre Révolat, du 93e régiment de ligne, le 18 août 1870 à la bataille de Saint-Privat, en Moselle.
René Barrin est élu maire le 8 octobre 1876, avec Jean Grenier pour adjoint, et se maintient à la tête de la commune après les élections de 1884, Louis Beau devenant alors son adjoint. En septembre 1878, Léon Gambetta arrive par le train à Saint-Rambert, traverse le bourg en calèche, est reçu à la mairie et prononce lors d’un banquet un discours présentant le programme républicain avant de poursuivre par la route vers Andancette, puis Valence et Romans. En 1880, la commune compte une compagnie de musiciens et une compagnie de sapeurs-pompiers de cinquante et un hommes, pour un budget communal maintenu autour de 12 000 francs, tandis que la gare, classée de première catégorie, connaît de jour comme de nuit une activité soutenue sur l’axe ferroviaire Lyon-Marseille. Victor Fabre est élu maire le 20 mai 1888, avec Louis Cognat pour adjoint, le conseil municipal ayant été porté à seize membres du fait de l’augmentation de la population. En 1889, un crédit de 150 francs est voté pour célébrer le centenaire de la Révolution française « avec le plus d’éclat possible », et la demande d’un second bureau de tabac — le seul existant étant tenu par M. Guérin à l’angle de la rue Nationale et de la rue des Écoles — fait état d’une population agglomérée de 1 202 habitants, une « patache » reliant par ailleurs Moras à Saint-Rambert via Saint-Sorlin et Anneyron. Le dossier signale que la plaque municipale de la mairie porte la graphie « Jean-Baptiste Favre » alors que les documents historiques donnent « Fabre », et rappelle que les biographies personnelles de ces quatre maires restent peu documentées. La source principale est l’ouvrage collectif 150e anniversaire de la création de la commune de Saint-Rambert-d’Albon (1839-1989), publié en 1989 sous la coordination de Jean Pertuis, avec des articles de synthèse de Maurice Brun et Jean Pertuis et un inventaire photographique de Maurice Brun, André Hours et Jean Pertuis. Dossier documenté sur saintrambertdalbon.com, fonds documentaire local.
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