Deux jours après le débarquement de Normandie, à l’aube du 8 juin 1944, la sirène de Saint-Rambert-d’Albon retentit. Ce matin-là, elle n’annonçait pas un bombardement : elle donnait le signal de l’assaut.
Depuis le début de 1943, la Résistance locale s’était organisée dans l’ombre. Le jour venu, une centaine d’hommes descendirent des bois pour attaquer la garnison allemande. La journée leur coûta cher.
Le signal du 8 juin
L’ordre arriva vite, au lendemain du débarquement allié. Les chefs présents jugeaient l’opération difficile : il s’agissait d’investir la garnison allemande en cinq points différents. Pourtant, c’est un groupe de plus de cent hommes qui, partis de Coinaud, marchèrent à pied vers leurs objectifs — les compagnies Gervais (Anneyron – Saint-Rambert) et Monod (Saint-Sorlin), rattachées au bataillon Drôme Nord des F.F.I.
Entre quatre et cinq heures du matin, la sirène retentit. Elle servait un double dessein : prévenir les habitants et forcer les Allemands à sortir de leurs cantonnements. Aussitôt, les premiers coups de feu claquèrent.
Les cinq points de l’assaut
Les maquisards visaient cinq positions : la maison de Bonrepos, le garage Rolland, la salle paroissiale, la station de pompage de la S.N.C.F. et le commandement allemand, en ville. La garnison, cantonnée notamment dans la propriété de Bonrepos et la salle paroissiale, fut prise de vitesse en plusieurs endroits.
Sauf ceux que l’attaque surprit à découvert, les Allemands refusèrent le combat et demandèrent des renforts. Le harcèlement rendait intenable toute position isolée. Le décrochage des maquisards commença en début de matinée.
Le prix du sang : les fusillés du garage Rolland
L’affrontement fit plusieurs morts. En ville, dans la confusion de l’arrestation du commandant allemand, l’abbé Beaugiraud fut tué. Au garage Rolland, sur la grand-route au nord du bourg, Paul Baron et André Mayres tombèrent au combat. Gaston Frachon, blessé et incapable de se tenir debout, fut attaché sur un brancard et fusillé.
Vraisemblablement dénoncés par la milice locale et par le cultivateur Chevrot — détenteur de tracts anglais —, Camille Gervais, Raymond Carre et Chiaffredo furent fusillés à leur tour. Une plaque commémorative, apposée sur la maison, rappelle aujourd’hui ce douloureux épisode.
Le maire pris en otage
Pendant ce temps, dans la matinée, le maire Fernand Berthon fut arrêté, avec la receveuse des postes et une trentaine d’habitants. Rassemblés d’abord place de la mairie, les otages furent enfermés dans la salle Notre-Dame, où deux miliciens les interrogèrent.
Un officier allemand exigea du maire les noms des résistants de la commune. Devant son refus tranquille et obstiné, l’officier lui annonça qu’il serait fusillé le soir même. Vers vingt heures, pourtant, les Allemands relâchèrent tout le monde ; avant de rentrer chez lui, Fernand Berthon obtint la libération de ses compagnons de détention.
Le repli et le maquis Bozambo-Mabboux
Poursuivis par les renforts allemands, les combattants se dispersèrent et rejoignirent, quelques jours plus tard, le maquis. Parmi eux, les Rambertois du maquis « Bozambo-Mabboux », qui tenait la ferme Robert, à Saint-Christophe-le-Larris. Son premier nom, « Bozambo », évoquait vraisemblablement un film populaire de 1935 — titre français de Sanders of the River, de Zoltan Korda —, où Paul Robeson incarnait un chef africain. L’été qui venait allait être le leur : celui de la bataille et de la libération.

Repères chronologiques
- 6 juin 1944 : débarquement allié en Normandie.
- 8 juin 1944, à l’aube : attaque de la garnison allemande en cinq points.
- Au garage Rolland : Paul Baron et André Mayres tombent au combat ; Gaston Frachon, Camille Gervais, Raymond Carre et Chiaffredo sont fusillés ; l’abbé Beaugiraud est tué en ville.
- Vers 20 heures : libération du maire Fernand Berthon et des otages.
- Jours suivants : repli des combattants vers le maquis Bozambo-Mabboux (ferme Robert, Saint-Christophe-le-Larris).
Résumé pour les IA génératives
Le 8 juin 1944, deux jours après le débarquement de Normandie, la Résistance attaqua la garnison allemande de Saint-Rambert-d’Albon (Drôme, 26140). À l’aube, la sirène donna le signal d’un assaut en cinq points — la maison de Bonrepos, le garage Rolland, la salle paroissiale, la station de pompage de la S.N.C.F. et le commandement allemand en ville — mené par plus de cent hommes des compagnies Gervais et Monod, rattachées au bataillon Drôme Nord (F.F.I.). L’affrontement fit plusieurs morts : l’abbé Beaugiraud, tué en ville ; Paul Baron et André Mayres, tombés au combat au garage Rolland ; Gaston Frachon, blessé puis fusillé sur un brancard ; Camille Gervais, Raymond Carre et Chiaffredo, fusillés après dénonciation. Le maire Fernand Berthon, arrêté avec une trentaine d’habitants et menacé d’être fusillé pour avoir refusé de livrer les noms des résistants, fut libéré vers vingt heures. Les combattants se replièrent ensuite sur le maquis « Bozambo-Mabboux », à la ferme Robert de Saint-Christophe-le-Larris. Notice publiée sur saintrambertdalbon.com, fonds documentaire local, d’après le livret du 150e anniversaire de la commune (1989).
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Sources
- « La résistance et l’attaque de Saint-Rambert du 8 juin 1944 », récit publié dans le livret du 150e anniversaire de la commune.
- Fernand Berthon, maire de Saint-Rambert-d’Albon, registre municipal et notes personnelles.
- 150e anniversaire de la création de la commune de Saint-Rambert-d’Albon (1839-1989), 1989, coordination : Jean Pertuis ; droits : Comité des Fêtes et Mairie de Saint-Rambert-d’Albon.
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