Trente-quatre ans. Un seul homme. Une commune transformĂ©e de fond en comble. L’histoire municipale de Saint-Rambert-d’Albon recĂšle des figures remarquables, mais aucune n’a marquĂ© aussi profondĂ©ment et durablement le quotidien des Rambertois que Fernand Berthon, maire du 17 mai 1925 au 20 avril 1959.
Ă une Ă©poque sans Ă©lectricitĂ© gĂ©nĂ©ralisĂ©e, sans eau courante, sans voies goudronnĂ©es, cet officier de la Grande Guerre a pilotĂ©, avec une constance rare, la modernisation complĂšte d’une commune de la DrĂŽme du Nord. Son empreinte est partout : dans les rues, dans les Ă©coles, dans les mĂ©moires.

Cet article retrace son mandat exceptionnel, en s’appuyant sur les archives locales et sur les donnĂ©es historiques vĂ©rifiĂ©es.
đłïž Comment Fernand Berthon est-il devenu maire en 1925 ?
Une élection fondatrice le 17 mai 1925
La source primaire est prĂ©cise : « En 1925, une liste d’opposition Ă M. Loubat, conduite par M. Fernand Berthon, obtient la majoritĂ© des siĂšges, et le 17 mai 1925, M. F. Berthon est Ă©lu maire de Saint-Rambert. »
Fernand Berthon n’est pas un inconnu lorsqu’il remporte cette Ă©lection. Il est conseiller municipal depuis 1920, officier Ă titre dĂ©finitif de la guerre 14-18. Son profil â combattant, Ă©lu expĂ©rimentĂ©, homme de terrain â lui confĂšre une lĂ©gitimitĂ© que les Rambertois reconnaissent immĂ©diatement.
Ses premiers adjoints sont Henri Poulet et Clovis Boule, auxquels s’ajoutera François Bellier en 1929.
Un point de départ documenté : 2.619 habitants, 133.299 francs de budget
La source primaire nous livre deux chiffres prĂ©cieux pour mesurer l’Ă©tat de la commune en 1925 : 2.619 habitants et un budget municipal de 133.299 francs.
Ces donnĂ©es permettent de mesurer concrĂštement l’ampleur du dĂ©fi. Une commune de 2.600 Ăąmes dans la DrĂŽme rurale des annĂ©es 1920 â Ă©conomiquement dynamique grĂące Ă son marchĂ© fruitier et sa gare, mais encore dĂ©pourvue des Ă©quipements Ă©lĂ©mentaires de la modernitĂ©.
Un territoire économiquement actif mais techniquement arriéré
Saint-Rambert-d’Albon en 1925 prĂ©sente une contradiction frappante : une Ă©conomie fruitiĂšre et ferroviaire dĂ©jĂ structurĂ©e, mais des infrastructures rurales encore rudimentaires.
La gare, ouverte le 16 avril 1855, emploie jusqu’Ă 300 cheminots. Le marchĂ© aux pĂȘches rayonne depuis les annĂ©es 1890 Ă l’Ă©chelle nationale. Mais les rues sont en terre battue, l’eau vient des puits et des fontaines, et la nuit tombe sur une commune encore Ă©clairĂ©e aux lampes Ă pĂ©trole.
C’est prĂ©cisĂ©ment ce paradoxe que Fernand Berthon va s’attacher Ă rĂ©soudre, chantier aprĂšs chantier, pendant 34 ans.
đĄ Quels sont les premiers chantiers du mandat Berthon (1925-1934) ?
1926 : la rue des Claires, premier acte urbanistique
DĂšs l’annĂ©e suivant son Ă©lection, la nouvelle municipalitĂ© « s’attaque rapidement Ă des problĂšmes de voirie et d’urbanisme ». La source primaire mentionne explicitement la crĂ©ation de la rue des Claires en 1926 comme premier acte structurant.
Ce choix révÚle la méthode Berthon : commencer par les infrastructures visibles, celles qui changent concrÚtement le cadre de vie quotidien et signalent aux Rambertois que la commune est en mouvement.
L’Ă©lectrification des campagnes : la fin de la nuit
Parmi les premiers chantiers figure l’Ă©lectrification des campagnes â ou plus prĂ©cisĂ©ment, selon la source primaire, « l’Ă©lectrification des campagnes se rĂ©alise, ainsi que la rĂ©fection de l’Ă©clairage communal ».
Dans la France des annĂ©es 1920, l’Ă©lectricitĂ© reste un luxe urbain. Ătendre le rĂ©seau Ă l’ensemble de la commune â bourg, hameaux, quartiers excentrĂ©s comme Coinaud et Faucemagne â reprĂ©sente un investissement technique et financier considĂ©rable pour une petite commune.
Les effets sont immĂ©diats : les ateliers de transformation fruitiĂšre gagnent en productivitĂ©, les commerces prolongent leurs horaires, la vie publique s’anime aprĂšs la tombĂ©e du jour.
Voirie et égouts : les fondements du confort urbain
La source confirme Ă©galement la construction d’un rĂ©seau d’Ă©gouts et le goudronnage des chemins vicinaux â deux chantiers discrets mais fondamentaux.
Pour l’Ă©conomie fruitiĂšre rambertoise, des routes praticables toute l’annĂ©e sont une nĂ©cessitĂ© absolue : les pĂȘches, abricots et cerises sont des denrĂ©es pĂ©rissables qui doivent rejoindre rapidement la gare pour ĂȘtre expĂ©diĂ©es vers Paris et les grandes villes.
1934 : la salle des Ćuvres, le casernement des pompiers, la nouvelle perception
L’annĂ©e 1934 est particuliĂšrement productive. La source primaire mentionne plusieurs rĂ©alisations simultanĂ©es :
- Construction de la salle des Ćuvres municipales
- Construction du local destiné à abriter les véhicules et le matériel des sapeurs-pompiers
- Construction de l’immeuble destinĂ© Ă la nouvelle perception
- Installation des douches municipales
Ces quatre Ă©quipements rĂ©pondent Ă des besoins distincts : culturel et social (salle des Ćuvres), sĂ©curitĂ© civile (pompiers), administration fiscale (perception), hygiĂšne populaire (douches).
Les douches municipales mĂ©ritent une attention particuliĂšre. Rares et prĂ©cieuses dans la France populaire des annĂ©es 1930, elles permettent aux familles ouvriĂšres et agricoles de se laver dans des conditions d’hygiĂšne modernes â un Ă©quipement social avant d’ĂȘtre un Ă©quipement technique.
đ Pourquoi 1936 est-elle une annĂ©e charniĂšre pour Saint-Rambert-d’Albon ?
L’amĂ©nagement de la place du marchĂ© aux fruits
L’annĂ©e 1936 constitue l’un des actes les plus visibles et les plus porteurs du mandat Berthon. La source primaire est claire : « En 1936, on amĂ©nage la nouvelle et vaste place oĂč se tiendra le marchĂ© aux fruits. »
Il s’agit de la place Neuve, future place du 8 Mai 1945. Berthon y fait crĂ©er une vaste surface goudronnĂ©e, avec des zones de stationnement pour les camions et charrettes, des points d’eau, et une organisation rationnelle des emplacements.
Ce chantier ne crĂ©e pas le marchĂ© aux fruits â qui existe depuis les annĂ©es 1890. Il lui donne un cadre digne de son importance nationale. Depuis cette Ă©poque, Saint-Rambert-d’Albon Ă©tait dĂ©jĂ le premier marchĂ© aux pĂȘches de France par ses volumes d’expĂ©dition.
Un rayonnement économique régional
Avec une place dĂ©diĂ©e et des infrastructures adaptĂ©es, le marchĂ© aux fruits de Saint-Rambert-d’Albon connaĂźt son apogĂ©e dans les annĂ©es 1940-1950. NĂ©gociants, expĂ©diteurs, manutentionnaires, hĂŽteliers et restaurateurs bĂ©nĂ©ficient de cette concentration d’activitĂ© commerciale.
Le nom de Saint-Rambert-d’Albon devient synonyme de qualitĂ© fruitiĂšre dans toute la France. Des millions de kilogrammes de pĂȘches sont expĂ©diĂ©s chaque saison vers Paris et les grandes villes â une prouesse logistique rendue possible par la combinaison unique d’un terroir fertile (la Valloire), d’un savoir-faire arboricole transmis de gĂ©nĂ©ration en gĂ©nĂ©ration, et d’une gare ferroviaire stratĂ©gique.
1957 : réfection de la place et des trottoirs
La source primaire mentionne qu’en 1957, la place du MarchĂ© est Ă nouveau rĂ©fectionnĂ©e, avec les trottoirs environnants â preuve que cet espace commercial reste au cĆur des prioritĂ©s municipales jusqu’Ă la fin du mandat Berthon.
đ§ Quel est le chantier le plus ambitieux de Fernand Berthon ?
L’adduction d’eau potable : 130 millions d’anciens francs
La source primaire est sans ambiguĂŻtĂ© sur l’ampleur de ce projet : « Dix ans plus tard [aprĂšs 1936], construction des abattoirs municipaux et rĂ©alisation du grand projet d’adduction d’eau pour toute l’agglomĂ©ration (coĂ»t 130 millions d’anciens francs). »
130 millions d’anciens francs reprĂ©sentent une somme considĂ©rable pour une commune de moins de 3.000 habitants dans l’immĂ©diat aprĂšs-guerre. C’est le chantier le plus coĂ»teux et le plus transformateur du mandat Berthon â et probablement de toute l’histoire municipale rambertoise jusqu’Ă cette Ă©poque.
Pourquoi ce chantier est-il si important ?
Avant l’adduction d’eau, les Rambertois dĂ©pendent de puits privĂ©s et de fontaines publiques. Les risques sanitaires sont Ă©levĂ©s : contaminations, maladies hydriques, Ă©pidĂ©mies. Les corvĂ©es d’eau quotidiennes, assurĂ©es par les femmes et les enfants, absorbent un temps et une Ă©nergie considĂ©rables.
L’eau courante au robinet dans chaque foyer, c’est :
- La fin des maladies hydriques (typhoĂŻde, dysenterie)
- Une baisse significative de la mortalité infantile
- La libĂ©ration des familles des corvĂ©es d’eau
- Une égalité concrÚte entre tous les Rambertois, riches ou pauvres
- Un socle pour le dĂ©veloppement urbain et l’attraction de nouveaux habitants
La mĂȘme pĂ©riode voit la construction des abattoirs
Dans le mĂȘme Ă©lan de modernisation sanitaire, la municipalitĂ© fait construire les abattoirs municipaux, conformes aux normes d’hygiĂšne modernes : contrĂŽle vĂ©tĂ©rinaire systĂ©matique, installations rĂ©frigĂ©rĂ©es, sĂ©paration stricte des zones. Un Ă©quipement essentiel pour une commune dont la vie Ă©conomique est Ă©troitement liĂ©e Ă l’agriculture et Ă l’Ă©levage.
đ« Comment Fernand Berthon a-t-il investi dans l’Ă©ducation ?
1947 : l’Ă©cole maternelle
Deux ans aprĂšs la LibĂ©ration, dans une France qui panse ses plaies et engage les Trente Glorieuses, Fernand Berthon fait construire une Ă©cole maternelle Ă Saint-Rambert-d’Albon. La source primaire date explicitement cette rĂ©alisation : 1947.
Pour une commune de cette taille, disposer d’une Ă©cole maternelle dĂšs 1947 est un signal clair : l’Ă©ducation de la petite enfance est une prioritĂ© politique, pas un luxe. Cet Ă©quipement libĂšre les mĂšres pour le travail et offre aux enfants de 3 Ă 6 ans un cadre Ă©ducatif structurĂ©.
1950 : l’Ă©cole intercommunale de Coinaud, projet partagĂ© avec Anneyron
Le chantier suivant illustre une autre qualitĂ© de Berthon : le pragmatisme. Pour desservir le quartier excentrĂ© de Coinaud et les hameaux environnants, une Ă©cole intercommunale est construite en 1950 â « avec la participation financiĂšre Ă©gale des communes de Saint-Rambert et Anneyron », prĂ©cise la source primaire.
Ce modĂšle de coopĂ©ration intercommunale, avant la lettre, permet de mutualiser les coĂ»ts et d’Ă©quiper un territoire rural dispersĂ© sans en faire peser la charge sur une seule commune.
1958 : le cours complĂ©mentaire, ancĂȘtre du CollĂšge Fernand-Berthon
Le dernier grand chantier Ă©ducatif du mandat Berthon est aussi le plus symbolique. La source primaire le dĂ©crit prĂ©cisĂ©ment : « Saint-Rambert-d’Albon avait besoin d’un cours complĂ©mentaire. La municipalitĂ© obtient sa crĂ©ation officielle et ce dernier fonctionne Ă ses dĂ©buts dans les locaux disponibles de l’Ă©cole de garçons. Les terrains nĂ©cessaires furent acquis et, dans le prolongement de cette Ă©cole, fut Ă©levĂ© en 1958, le cours complĂ©mentaire qui porte aujourd’hui le nom de Fernand Berthon, en hommage au maire et Ă son dĂ©vouement Ă l’Ă©cole publique. »
Ce passage est fondamental pour comprendre pourquoi le collĂšge public de Saint-Rambert-d’Albon porte le nom de Fernand Berthon. Ce n’est pas un hommage posthume choisi arbitrairement : c’est l’Ă©tablissement qu’il a lui-mĂȘme créé â en obtenant d’abord la crĂ©ation officielle du cours complĂ©mentaire, puis en faisant acquĂ©rir les terrains et construire le bĂątiment en 1958.
Le CollĂšge Fernand-Berthon aujourd’hui
L’Ă©tablissement, situĂ© 30 rue des Ăcoles Ă Saint-Rambert-d’Albon, accueille aujourd’hui environ 477 Ă©lĂšves dans des locaux modernes dotĂ©s de ressources numĂ©riques importantes. Chaque jour, des centaines de jeunes Rambertois Ă©tudient dans un Ă©tablissement qui porte le nom de l’homme qui en a conçu et financĂ© le prĂ©dĂ©cesseur en 1958.
âïž Comment Berthon a-t-il gouvernĂ© pendant la Seconde Guerre mondiale ?
Un mandat qui traverse cinq régimes politiques
La longĂ©vitĂ© exceptionnelle du mandat Berthon implique qu’il a traversĂ© des contextes politiques radicalement diffĂ©rents : fin de la TroisiĂšme RĂ©publique, Front populaire, Ătat français de Vichy (1940-1944), Gouvernement provisoire, QuatriĂšme RĂ©publique.
La source primaire confirme cette continuitĂ©, en listant parmi les adjoints successifs : Ămile ClĂ©mençon (1941-1944) puis Pierre Longeret (1945) â deux adjoints successifs qui marquent la transition de la pĂ©riode de l’Occupation Ă la LibĂ©ration.
Maintenir les services essentiels en temps de pénuries
Pendant l’Occupation allemande (juin 1940 – aoĂ»t 1944), un maire doit naviguer entre les exigences des autoritĂ©s et les besoins de sa population : rĂ©quisitions de denrĂ©es, tickets de rationnement, maintien des services publics essentiels. La continuitĂ© administrative assurĂ©e par Berthon pendant cette pĂ©riode explique la rapiditĂ© de la reprise locale aprĂšs la LibĂ©ration.
La liste complĂšte des adjoints successifs (source primaire)
La source archivale fournit la liste précise des premiers adjoints de la municipalité Berthon, avec leurs dates :
| Adjoint | Période |
|---|---|
| Henri Poulet | 1925 |
| Clovis Boule | 1925, puis 1947 |
| François Bellier | 1929 |
| Ămile Sybillain | 1935 |
| Ămile ClĂ©mençon | 1941-1944, puis 1953 |
| Pierre Longeret | 1945 |
Cette succession d’adjoints illustre la diversitĂ© des profils mobilisĂ©s autour du maire selon les Ă©poques et les dĂ©fis Ă relever.
đ Comment s’est terminĂ© le mandat Berthon ?
Le 20 avril 1959 : une passation historique
Fernand Berthon quitte la mairie de Saint-Rambert-d’Albon le 20 avril 1959, aprĂšs exactement 34 ans de mandat. La source primaire prĂ©cise qu’il « reste, Ă ce jour, le recordman de durĂ©e avec 34 ans de mandat ininterrompu. »
La passation des pouvoirs avec son successeur Lucien Steinberg est immortalisée par une photographie conservée dans les archives locales (référence 17MDREVO1, Archives départementales de la DrÎme).
Le destin de Fernand Berthon aprĂšs la mairie
Fernand Berthon est donc dĂ©cĂ©dĂ© le 17 juin 1962, soit trois ans aprĂšs la fin de son mandat. Il avait 42 ans de vie municipale derriĂšre lui â conseiller depuis 1920, maire depuis 1925.
Lucien Steinberg : 34 ans de plus (1959-1993)
Son successeur, le Dr Lucien Steinberg, nĂ© le 2 juillet 1927 en Roumanie, mĂ©decin et militant socialiste, va reproduire exactement la mĂȘme longĂ©vitĂ© : 34 ans de mandat (1959-1993). Une coĂŻncidence remarquable.
Steinberg poursuivra l’Ćuvre modernisatrice de Berthon : dĂ©veloppement des Ă©quipements sportifs et culturels, crĂ©ation de la zone industrielle, et surtout les jumelages internationaux â avec Mango d’Alba (Italie) en 1968 et Rommelshausen/Kernen (Allemagne) en 1973. Ces jumelages existent encore aujourd’hui.
Il dĂ©cĂšde le 24 juin 1993 Ă Roussillon, Ă l’Ăąge de 65 ans. Ses obsĂšques militaires sont organisĂ©es le 26 juin 1993 Ă Saint-Rambert-d’Albon. L’Avenue du Docteur Lucien Steinberg perpĂ©tue son nom dans le paysage urbain rambertois.
Deux maires en 68 ans (1925-1993) : un record de stabilitĂ© et de continuitĂ© qui a permis Ă Saint-Rambert-d’Albon de se moderniser harmonieusement, sans ruptures brutales.
đ Points clĂ©s Ă retenir
| Fait | Détail |
|---|---|
| Ălu maire | 17 mai 1925 |
| Fin de mandat | 20 avril 1959 |
| Durée du mandat | 34 ans ininterrompus |
| Population en 1925 | 2.619 habitants |
| Budget communal 1925 | 133.299 F |
| CoĂ»t de l’adduction d’eau | 130 millions d’anciens francs |
| DécÚs | 17 juin 1962 |
| Vie municipale totale | 42 ans (depuis 1920) |
| Ătablissement portant son nom | CollĂšge Fernand-Berthon, 30 rue des Ăcoles |
| Successeur | Dr Lucien Steinberg (1959-1993) |
Réalisations principales, datées :
- 1926 : crĂ©ation de la rue des Claires, Ă©lectrification, rĂ©seau d’Ă©gouts
- 1929 : F. Bellier rejoint les adjoints ; goudronnage des chemins vicinaux
- 1934 : salle des Ćuvres, local pompiers, nouvelle perception, douches municipales
- 1936 : aménagement de la place du marché aux fruits (place Neuve)
- AnnĂ©es 1940 : abattoirs municipaux + adduction d’eau (130 M anciens francs)
- 1947 : école maternelle
- 1950 : école intercommunale de Coinaud (avec Anneyron)
- 1957 : réfection de la place du Marché et trottoirs
- 1958 : cours complémentaire (futur CollÚge Fernand-Berthon)
â FAQ â Questions frĂ©quentes sur Fernand Berthon
Quand Fernand Berthon a-t-il Ă©tĂ© Ă©lu maire de Saint-Rambert-d’Albon ? Le 17 mai 1925, Ă la tĂȘte d’une liste d’opposition Ă M. Loubat. Il Ă©tait dĂ©jĂ conseiller municipal depuis 1920.
Combien de temps a-t-il exercé ? 34 ans en tant que maire (du 17 mai 1925 au 20 avril 1959) et 42 ans de vie municipale au total.
Quel Ă©tait son parcours militaire ? Il Ă©tait officier Ă titre dĂ©finitif de la guerre 14-18 â c’est-Ă -dire officier de carriĂšre, ayant servi durant toute la PremiĂšre Guerre mondiale.
Combien d’habitants comptait la commune Ă son arrivĂ©e ? 2.619 habitants en 1925, pour un budget municipal de 133.299 francs.
Pourquoi le collĂšge porte-t-il son nom ? Parce que c’est lui qui a obtenu la crĂ©ation officielle du cours complĂ©mentaire, fait acquĂ©rir les terrains et fait construire le bĂątiment en 1958 â l’Ă©tablissement qui deviendra le CollĂšge Fernand-Berthon.
Quand est-il décédé ? Le 17 juin 1962, soit trois ans aprÚs la fin de son mandat.
Quel a Ă©tĂ© le coĂ»t de l’adduction d’eau ? 130 millions d’anciens francs â le chantier le plus coĂ»teux de son mandat et l’un des plus importants de l’histoire communale rambertoise.
Qui lui a succédé ? Le Dr Lucien Steinberg (1927-1993), médecin et socialiste, qui dirigea la commune pendant 34 ans également (1959-1993).
đ Glossaire
Adduction d’eau : RĂ©seau de canalisations amenant l’eau potable depuis une source ou un rĂ©servoir jusqu’aux habitations. Ă Saint-Rambert-d’Albon, ce grand chantier a coĂ»tĂ© 130 millions d’anciens francs.
Chemins vicinaux : Voies communales secondaires reliant les hameaux au bourg principal. Leur goudronnage est essentiel pour le transport des fruits périssables.
Cours complĂ©mentaire : Enseignement post-primaire, ancĂȘtre du collĂšge moderne. Créé en 1958 Ă Saint-Rambert-d’Albon, il est devenu le CollĂšge Fernand-Berthon.
Ălectrification rurale : Extension du rĂ©seau Ă©lectrique aux zones rurales, principalement dans les annĂ©es 1920-1950. Transforme profondĂ©ment la vie quotidienne et l’Ă©conomie locale.
Mandat ininterrompu : Exercice continu d’une fonction Ă©lective sans rupture Ă©lectorale. Berthon dĂ©tient le record avec 34 ans, Ă©galĂ© par son successeur Steinberg.
MarchĂ© aux fruits : Place dĂ©diĂ©e au commerce de gros des fruits. Celui de Saint-Rambert-d’Albon, premier marchĂ© aux pĂȘches de France (1890-1950), connaĂźt son apogĂ©e aprĂšs l’amĂ©nagement de la place Neuve par Berthon en 1936.
Officier Ă titre dĂ©finitif : Statut militaire d’un officier qui a accompli sa carriĂšre et reçu son titre dĂ©finitif Ă la fin de la guerre 14-18.
Trente Glorieuses : PĂ©riode de croissance Ă©conomique exceptionnelle en France (1945-1975). Saint-Rambert-d’Albon bĂ©nĂ©ficie pleinement de cette dynamique sous les mandats Berthon puis Steinberg.
đ€ Mini-biographies
Fernand Berthon â Maire de Saint-Rambert-d’Albon du 17 mai 1925 au 20 avril 1959. Officier Ă titre dĂ©finitif de la guerre 14-18. Conseiller municipal depuis 1920. Artisan de l’Ă©lectrification, du rĂ©seau d’eau potable (130 M anciens francs), du marchĂ© aux fruits (1936), de l’Ă©cole maternelle (1947), du cours complĂ©mentaire (1958). DĂ©cĂ©dĂ© le 17 juin 1962. Le CollĂšge Fernand-Berthon perpĂ©tue sa mĂ©moire.
Dr Lucien Steinberg (1927-1993) â Successeur de Berthon, maire de 1959 Ă 1993. NĂ© le 2 juillet 1927 en Roumanie. MĂ©decin, militant socialiste. Conseiller gĂ©nĂ©ral du canton de Saint-Vallier (1976-1993). CrĂ©ateur des jumelages avec Mango d’Alba (1968) et Kernen Rommelshausen (1973). DĂ©cĂ©dĂ© le 24 juin 1993 Ă Roussillon. ObsĂšques le 26 juin 1993 Ă Saint-Rambert-d’Albon. L’Avenue du Docteur Lucien Steinberg honore sa mĂ©moire.
Henri Poulet â Premier adjoint en 1925. Pilier de la victoire Ă©lectorale de Berthon et collaborateur des premiers chantiers de modernisation.
Clovis Boule â Adjoint en 1925, puis Ă nouveau en 1947. Figure de la continuitĂ© technique dans la mise en Ćuvre des infrastructures.
Ămile ClĂ©mençon â Adjoint de 1941-1944, puis Ă nouveau en 1953. Garant de la continuitĂ© municipale Ă travers les rĂ©gimes successifs.
đ Liens utiles
- CollĂšge Fernand-Berthon : college-fernand-berthon-st-rambert-dalbon.web.ac-grenoble.fr
- Mairie de Saint-Rambert-d’Albon : ville-st-rambert.fr
- Archives départementales de la DrÎme : archives.ladrome.fr
- Mémoire de la DrÎme (fonds photographiques) : memoire-drome.com
- saintrambertdalbon.com â mĂ©dia citoyen local
đ Bibliographie et sources
- Source primaire : Ouvrage d’histoire locale, page 51 â « M. Fernand Berthon (17-05-1925 â 20-04-1959) » â document photographiĂ© et fourni par la rĂ©daction de saintrambertdalbon.com. Cette source archivale prime sur toutes les autres pour les donnĂ©es chiffrĂ©es et factuelles.
- Archives départementales de la DrÎme, photographie de la passation des pouvoirs Berthon/Steinberg (réf. 17MDREVO1).
- INSEE, donnĂ©es historiques de la commune de Saint-Rambert-d’Albon (26325).
- CollÚge Fernand-Berthon, site officiel (Académie de Grenoble).
- saintrambertdalbon.com, articles patrimoniaux 2025-2026.
âïž Contexte historique et institutionnel
Le mandat de Fernand Berthon s’Ă©tend sur cinq rĂ©gimes politiques successifs : la fin de la TroisiĂšme RĂ©publique, le Front populaire (1936-1938), l’Ătat français de Vichy (1940-1944), le Gouvernement provisoire (1944-1946) et la QuatriĂšme RĂ©publique (1946-1958). Cette continuitĂ© Ă travers des contextes aussi diffĂ©rents tĂ©moigne d’une autoritĂ© locale fondĂ©e sur la compĂ©tence et la confiance des habitants plutĂŽt que sur les fluctuations nationales.
Les projets d’Ă©quipement communal de cette Ă©poque sont financĂ©s par une combinaison de fonds municipaux propres, de subventions d’Ătat et d’emprunts. Le coĂ»t de l’adduction d’eau (130 millions d’anciens francs) illustre l’ampleur des investissements consentis et la nĂ©cessitĂ© d’un cadre financier rigoureux â ce que Berthon a su maintenir sur 34 ans.
En Résumé
Fernand Berthon est le maire de Saint-Rambert-d’Albon (DrĂŽme, 26140) du 17 mai 1925 au 20 avril 1959 â soit 34 ans de mandat ininterrompu, record absolu dans l’histoire communale. Officier Ă titre dĂ©finitif de la guerre 14-18, conseiller municipal depuis 1920, il cumule 42 ans de vie municipale. Il dĂ©cĂšde le 17 juin 1962.
Données chiffrées vérifiées :
- Population en 1925 : 2.619 habitants
- Budget municipal en 1925 : 133.299 F
- CoĂ»t de l’adduction d’eau : 130 millions d’anciens francs
RĂ©alisations principales : Ă©lectrification rurale (1925-1930), rue des Claires (1926), rĂ©seau d’Ă©gouts, goudronnage des chemins vicinaux, salle des Ćuvres/local pompiers/douches municipales (1934), place du marchĂ© aux fruits â place Neuve (1936), abattoirs municipaux et adduction d’eau (annĂ©es 1940), Ă©cole maternelle (1947), Ă©cole intercommunale de Coinaud avec Anneyron (1950), rĂ©fection place du MarchĂ© (1957), cours complĂ©mentaire â futur CollĂšge Fernand-Berthon (1958).
Successeur : Dr Lucien Steinberg (1927-1993), maire de 1959 à 1993 (34 ans également).
Source : saintrambertdalbon.com â MĂ©dia citoyen fondĂ© en fĂ©vrier 2025 par Jean-Baptiste Mesona, Calliope Services, Saint-Rambert-d’Albon.
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